Découvertes

Chanter faux : est-ce une fatalité ?

Extraits de l’article de France Musique Publié le lundi 31 octobre 2016 à 13h49

Que les adeptes de la stratégie du playback, qui n’osent pas ou plus chanter en public de peur d’être grossièrement qualifiés de casseroles se rassurent : chanter faux n’est ni le signe d’une mauvaise audition, ni une fatalité.

C’est grave, docteur ?

Pas du tout. « Tout le monde est capable de chanter juste », affirme même Erkki Bianco, phoniatre et ancien laryngologue de l’Ecole d’Art Lyrique de l’Opéra de Paris. Et son explication débute par la correction d’une erreur bien trop répandue : « On se dit toujours que c’est un problème d’oreille mais c’est totalement faux, c’est un problème de proprioception ».

Proprioception ? Simplement la conscience de notre corps et de ses mécanismes. Ainsi, à moins de souffrir d’une pathologie auditive bien particulière, une personne chante faux parce que, tout simplement, elle ne connaît pas les bons gestes vocaux (…).

La France, mauvaise élève

« La France est un des pays où l’on chante le plus mal ». Et en effet, les écoliers français chantent trop peu souvent, comparé notamment à leurs voisins allemands ou britanniques. Et lorsqu’on leur demande de chanter, c’est trop souvent dans un contexte de notation ou de contrainte, qui inhibe progressivement leurs capacités vocales (…).

Le syndrome Jenkins

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Extrait de Meryl Streep dans le rôle de Florence Foster Jenkins

S’inspirer du grand répertoire et des plus belles voix, pourquoi pas, mais la démarche reste vaine tant qu’on ne sait pas s’écouter soi-même. C’est ce qu’illustre parfaitement le cas de la soprano américaine Florence Foster Jenkins, casserole notoire, que l’on connaît à l’écran sous les traits de Catherine Frot (dans le film Marguerite) et de Meryl Streep.

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Extrait de Catherine Frot dans le rôle de Florence Foster Jenkins (Film Marguerite)

Madame Jenkins écoutait beaucoup de musique, ne manquait guère de confiance en elle, et chantait pourtant terriblement faux. Pire encore : elle ne semblait pas du tout s’en rendre compte. Selon le Dr Bianco, la première explication possible de son mal est simple : « Elle a commencé tard et, surtout, elle ne s’écoutait pas chanter ».

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Extrait de l’air de « La reine de la nuit » (Mozart), interprété par Florence Foster Jenkins.

A propos de educationmusicale38

Professeure d'éducation musicale et chant choral.

2 Réponses à “Chanter faux : est-ce une fatalité ?”

  1. Le 22 novembre 2016 à 18 h 06 min GARIN Lucas 4'C a répondu avec... #

    Bonsoir.Dans le deuxième extrait,elle saigne car elle a trop « tiré » sur ses cordes vocales ou est-elle ateinte par une maladie ? merci de me répondre.

    • Le 25 novembre 2016 à 18 h 23 min educationmusicale38 a répondu avec... #

      Bonjour Lucas,

      En réalité, Florence Foster Jenkins (incarnée ici par Catherine FROT) eut une crise cardiaque deux jours après le grand concert au Carnegie Hall (en 1944). Elle décéda un mois plus tard à son domicile.
      Ici, il ne faut pas oublié qu’il s’agit d’une fiction, avec des éléments ajoutés. Dans le film, on ne sait pas de quoi souffre exactement la chanteuse, mais je ne crois pas que ce puisse être lié à la fatigue vocale.

      A bientôt,
      Mme Benyahia

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